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La mort du soleil

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Paru le : 01 Février 2020
Pages : 386
EAN 13 : 9782809714630

Coup de coeur du libraire
Un excellent roman haut en couleur et en réflexions !
C'est toujours un plaisir de découvrir un nouveau roman de Yan Lianke, et quel roman ! L'auteur fait preuve d'une imagination toujours aussi foisonnante et de descriptions très vivantes.

Il y a beaucoup de choses à dire sur ce livre. Tout d'abord, la narration est originale : l'histoire se déroule en une seule nuit, une nuit longue et interminable, découpée en "veilles", cette ancienne façon chinoise de compter les heures. Autre fait original : Yan Lianke est lui-même personnage à part entière de son roman, voisin de notre jeune narrateur Li Niannian. Nous y découvrons un auteur déboussolé, ayant perdu l'inspiration.

Outre ces points, venons-en à l'histoire en elle-même que j'ai trouvée très intéressante : cette nuit de chaos total, cette crise de somnambulisme généralisée où tout est permis : vol, viol, meurtre, mais aussi aveux. Nous pouvons bien sûr lire le roman au premier degré : il s'y passe beaucoup de choses et nous ne nous ennuyons pas un seul instant. Mais nous pouvons aussi essayer de deviner les sous-entendus de l'auteur et y découvrir des ressemblances avec d'autres faits.

Par exemple, cette histoire m'a fait penser à la célèbre nouvelle de Lu Xun Le journal d'un fou dans lequel le jeune narrateur veut faire prendre conscience à la population de leurs coutumes arriérées et du cannibalisme existant. Jeune lucide parmi tous ces gens embrigadés et "endormis". Ici, nous avons notre jeune Li Niannian qui est jugé comme étant un peu idiot, et pourtant un des seuls également lucides pendant cette nuit tragique. Le but de Lu Xun était de réveiller ses compatriotes, est-ce aussi l'idée de Yan Lianke, cent ans plus tard ? La situation n'est pas la même, les raisons ne sont pas les mêmes non plus, mais le but est identique : faire changer les choses et faire prendre conscience à la population des problèmes. Yan Lianke a écrit « Depuis hier soir 21h30 environ, à cause de la chaleur et de la fatigue entraînée par le changement de saison, un phénomène auquel nous n'avions pas assisté depuis cent ans est réapparu : une épidémie de somnambulisme ». Cent ans, soit 1915, avec l'apparition du journal "Nouvelle jeunesse" et peu avant la publication du "Journal d'un fou", coïncidence ?

J'ai été frappée par une autre phrase de l'auteur : « Les écrivains peuvent donc devenir somnambules. Eux aussi peuvent être contaminés ». Y a-t-il des auteurs en Chine qui se sont endormis, qui ferment les yeux sur ce qu'ils voient et n'écrivent plus ? Nous connaissons tous la réponse.

Cette longue nuit chaotique m'a beaucoup fait penser bien sûr à la Révolution culturelle durant laquelle de nombreux crimes ont été commis, des gens poussés au suicide ou tout simplement assassinés. D'autres, lucides et qui ont essayé de réveiller les autres, ont finalement été lynchés. Nous y voyons aussi les mouchards, très nombreux à cette époque. La bataille finale m'a fait penser aux luttes entre les différentes sections de gardes rouges. Je parle de cette époque passée, mais cette crise de somnambulisme généralisée pourrait tout aussi bien-être vue pour la situation actuelle.

Il faut aussi noter que les autorités en prennent pour leur grade : ici ils mangent et boivent, indifférents au malheur de la population et nient bien sûr les faits. Ils jouent une mauvaise pièce dans laquelle ils se prennent pour l'empereur et sa cour. Et tout va bien dans le meilleur des mondes. La première personne qui ose affirmer le contraire et dénoncer le chaos risque sa tête !

Nous y découvrons également les difficultés des personnes vivant à la campagne, envieux de ceux des villes. L'auteur aborde aussi la cruauté des crémations, lorsque celles-ci ont été imposées par le parti, alors que l'inhumation était importante pour le repos de l'âme. Nous assistons à des scènes affreuses où les corps sont déterrés pour être brûlés. Et ne parlons même pas de l'huile de cadavres !

C'est donc ici un roman passionnant qui donne matière à nombreuses réflexions. Le peuple chinois est-il pris de somnambulisme depuis les derniers changements politiques ?

- Florine
Résumé
C'est le jeune Niannian qui raconte l'incroyable fléau qui s'est abattu sur le petit village des monts Funiu. On l'appelle l'idiot, bien qu'il ait parfois l'esprit aussi clair qu'un pan de ciel bleu, et il se sent bien en peine de raconter ce qui s'est passé. Mais voilà, leur voisin le grand écrivain Yan Lianke a vu son esprit se dessécher et son inspiration tarir, alors il faut bien que Niannian s'acquitte de cette tâche à sa place.
Niannian implore les esprits de lui venir en aide car les gens de son village ont sombré dans une épidémie de somnambulisme. Les jours se succèdent mais le soleil se refuse à poindre. Et dans cette nuit perpétuelle les hommes transgressent tout : la morale, le bon sens, les convenances, ils réalisent leurs désirs les plus secrets et se livrent à la violence. Faut-il voir ce monde insensé comme une allégorie de la réalité ? C'est un roman à la puissance visionnaire et à l'humour dévastateur qui vous empoigne et vous emporte tout frissonnant dans sa nuit de cauchemar.