Vos achats

Votre panier est vide !

Vous n'étes pas identifié

Connexion
  

Newsletter

Envoyer

Sélection thématique : La poésie en Asie

EN COURS

La poésie est présente en Chine depuis trois mille ans et de merveilleux textes aux formes diverses nous ont été transmis grâce aux travaux de nombreux lettrés au fil des siècles.

Si l'envie vous prend de découvrir la richesse et la diversité de ces textes, rien de tel que l'ouvrage réalisé sous la direction de Paul Démiéville, l'un des plus grands spécialistes de littérature en Chine ancienne. L'Anthlogie de la poésie chinoise classique permet ainsi à tout lecteur de découvrir et de parcourir un grand ensemble de textes, des Printemps et Automnes jusqu'à la dynastie Qing. Un vrai régal.

D'une autre façon, L'écriture poétique chinoise de François Cheng une est une parfaite entrée en matière pour saisir les clefs de cette forme littéraire riche et parfois complexe, sous la dynastie Tang en particulier, l'une des dynasties les plus riches en termes de création littéraire. François Cheng offre ainsi au lecteur la possibilité d'en comprendre les éléments lexicaux et syntaxiques, les formes et prosodies ainsi que les images qui construisent ces textes. La deuxième partie de son ouvrage est ensuite consacrée à une très belle sélection de poèmes appartenant aux formes les plus courantes sous les Tang. Un indispensable.

Autre ouvrage qui illustre à merveille l'inventivité et la magnificence des textes, "Su Dongpo, un ermite reclus dans l'alcool et autres Rhapsodies (1037-1101)" présenté et traduit par Stéphane Feuillas est une plongée bouleversante dans l'écriture d'un homme ayant eu de multiples vies sous la dynastie Song. A la fois poète, penseur, calligraphe, peintre, homme politique, ethnographe... Su Dongpo, également connu sous le nom de Su Shi, composa durant sa vie quantité de textes sublimes comme en atteste ce très beau recueil. Cet ouvrage propose vingt six de ses poèmes, appartenant au genre poétique dénommé "Rhapsodie", un genre qui connu son apogée sous la dynastie Han, reconnu pour regrouper des textes d'une grande longueur, mêlant les vers et la prose, grandement descriptifs et d'une très grande richesse. Un magnifique ouvrage.

- Elodie

De nombreux lecteurs témoignent du fait que la poésie peut être parfois élitiste ou demande une culture érudite. Bref la poésie en impose. On est à la recherche de sens, on bloque sur certaines phrases, quand on compare sa lecture avec une autre ou des critiques de spécialistes, on ne retrouve rien de ce qu'on a pu entrapercevoir entre les lignes d'une quelconque poésie. Mais pourtant se couper de la poésie à cause d'apriori ou de mauvaises expériences est tellement dommage...La poésie fait appel à tous nos sens, elle nous stimule, nous projette dans un monde tantôt onirique tantôt réaliste. Elle prend parfois la forme d'une errance, d'une introspection. La poésie peut sublimer notre vie. La poésie japonaise peut être un moyen d'aborder ce genre littéraire en douceur.

Quand on s'attaque aux grands classiques de la poésie japonais, on pense d'abord à des poètes dont la réputation n'est plus à faire. Si vous souhaitez vous initier à ces génies de la poésie, vous pouvez vous diriger vers les ouvrages de la collection Moundarren, des valeurs sûres. Le point grandement appréciable de leur collection de poésie ce sont les poèmes en version bilingue, de quoi s'imprégner au mieux d'une langue, d'un rythme, d'une ambiance. Pour vous donner quelques titres : découvrez Hosai avec Dans la boîte à clous tous les clous sont tordus (intriguant non ?) et poursuivez avec Buson et Le parfum de la lune (éveil à la nature).

Et Ryokan alors me direz-vous ? Il existe une très belle édition poche au Bruit du temps, édition bilingue avec un appareil critique des plus complets (de nombreuses annotations, une contextualisation précise, un répertoire de vocabulaire ainsi qu'une chronologie.

Et bien sûr, je ne pourrais pas ne pas citer Bashô, le seigneur ermite. Les éditions points ont sorti un super recueil bilingue reprenant l'intégralité de l'oeuvre de ce grand maître des haïkus. De quoi ravir les yeux et oreilles des amateurs de ce genre et initier les lecteurs un peu effrayés par la poésie.

Partons maintenant à la découverte de quelques poétesses emblématiques de ce genre.

Dans Une âme qui joue - la plaine, Shizue Ogawa nous embarque dans son monde. Sa plume est fortement liée à la nature, aux sens. Rien n'est lourd dans sa poésie, il y a une légèreté constante qui y est exprimée et les images prennent vie de devant nous. Les magnifiques peintures de l'artiste Mariko Beltrando-Assai subliment les poèmes. Le petit plus : c'est en bilingue !

Nous continuons notre découverte des haijins japonaises avec Du rouge aux lèvres, une anthologie qui leur est réservée. Dans cet ouvrage, vous découvrirez les grandes déesses du haïkus qui ont souvent côtoyé les maîtres de ce genre. Des poétesses classique mais aussi contemporaines. De nombreux thèmes y sont abordés et les images sont saisissantes, la scène décrite en trois lignes se jouent devant nous. Chaque poétesse a le droit à son espace dédié avec une courte biographie et ses poèmes en bilingue.

Et pour finir, nous partons en Inde à la découverte des femmes dalit qui sont portées par la plume de nombreuses poétesses et poètes. Les poèmes de l'anthologie Pour une poignée de ciel sont poignants, durs. Ils se dégagent une force de ces femmes. Elles sont enfin mises en lumière. On les traite de tous les noms, on leur inflige les pires horreurs mais elles résistent et renvoient cette inhumanité dont elles sont victimes à leur détracteurs pour que ce ne soient pas elles les honteuses, mais bien eux ! La femme dalit souffre, subit puis s'empare d'un crayon pour mener la révolte des siens à travers des études, des écrits...Un ouvrage essentiel !

- Laura

Pour finir avec un peu de poésie coréenne, nous commencerons par le recueil Réveillé au milieu de la nuit : Poèmes d'exil de Dasan. Ce lettré de la fin de Joseon (XVIII-XIXe siècle), très progressiste pour son époque fut exilé à la mort du roi dont il était le conseiller. Contraint de quitter sa terre natale, sa famille et ses amis, il dut partir au fin fond du sud de la Corée. Il trouva réconfort dans la poésie et dans le souvenirs de grands hommes, bien souvent de fameux lettrés chinois, et dans la nature. Vous retrouverez ces thèmes dans ses vers, descriptifs, humbles, remplis de nostalgie et avec une touche d'humour. Dasan n'oublie pas de critiquer, à demi-mots, ses bourreaux ainsi que les penchants trop strictes d'une Corée encore très néo-confucéenne.

On avance dans le temps avec un poète absolument incontournable du début du XXe siècle : Yi Sang. Il est souvent appelé le Rimbaud coréen de par son style novateur et sa mort précoce. En effet, il est né au tout début de la colonisation japonaise, en 1910 et n'aura jamais vu la libération de son pays, décédé en 1937 de la tuberculose. Son œuvre, très large, est porteuse de nombreuses innovations, aussi bien du point de vue du style, que des thèmes abordés. Il n'hésite pas à faire des poèmes uniquement avec des chiffres, mais aussi parfois des diagrammes, des équations, apportant un côté très scientifique à ce genre littéraire. Il parle souvent de la peur de la mort et de la maladie. Son mal-être, ses questionnements sur l'existence, la liberté et le vide intérieur dans un contexte de modernité sont également très présent dans ses écrits. Vous pourrez découvrir Plan à vol de corbeau, Ecrits de sang et le reste de sa bibliographie en cliquant ici. Petit bonus : Yi Sang est également auteur de nouvelles, dont Les Ailes. Un de mes immenses coups de cœur, je ne peux que vous conseiller de lire cet auteur incroyable !

- Clémence