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Sélection thématique : Rétrospective sur nos coups de coeur de l'année 2021

Le dernier jour de l'année est le moment idéal pour repenser à cette année qui fut riche, intense et mouvementée. Quand nous retournons voir nos coups de cœur, nous ne pouvons nous empêcher de penser que 2021 fut une très belle année de découvertes livresques, de voyages littéraires et d'échappées imaginaires. Nous espérons que l'année 2022 sera aussi riche en belles lectures. Il ne nous reste qu'à vous souhaiter de très belles fêtes de fin d'année.

Laura a eu une année riche en coup de cœur.
Côté littérature, elle a découvert avec beaucoup de plaisir et d'émotion le roman d'Ocean Vuong, Un bref instant de splendeur, qui continue de la marquer encore aujourd'hui. Dans ce roman, le narrateur écrit une lettre à sa mère. Une lettre magnifique, dure, crue et sans tabou. Il lui dévoile tout : ses peurs, sa honte, son amour. Le narrateur, Little Dog, prend la plume pour donner des réponses à sa mère, pour se délivrer de certaines vérités et sublimer son histoire à travers son univers poétique. C'est un roman bouleversant, poignant !
Elle a aussi été bouleversée par le dernier roman d'Anna Moï, Douze palais de mémoire, une magnifique ode à l'amour entre Khanh, le personnage principal, et sa femme mais aussi entre un père et sa fille. Sur fond de guerre civile et d'un pays qui connaîtra de nombreuses mutations économiques et sociales, Anna Moï nous narre le destin d'une famille et ce qui a pu les pousser à fuir.

L'année 2021 fut riche en découverte concernant la littérature du monde Indien. Laura garde en tête 4 titres qui l'ont fortement marqué. Tout d'abord, il y a Les disparus de la Purple Line. En Inde, 180 enfants disparaissent par jour, l'autrice se bat contre le fait que ces enfants soient juste une statistique parmi tant d'autres. Elle met en lumière la vie de ces enfants à travers Jai, jeune garçon de 9 ans. Il nous entraîne dans son monde, un monde d'adultes qu'il découvre avec innocence mais qui le force à grandir vite, trop vite. Au sein de leur communauté, des enfants commencent à disparaître les uns après les autres. Jai, fan de séries policières, va mener l'enquête accompagné de ses deux fidèles acolytes, Pari et Faiz. Leur enquête les mènera loin, et ils se rapprocheront de la cruelle vérité. C'est un roman vaste, qui nous touche au plus profond de nous-mêmes.
Ensuite, Le temps de l'indulgence a été un livre marquant. Le temps de l'indulgence est un très beau roman sur la tolérance, l'ouverture d'esprit mais surtout une magnifique histoire sur la quête d'une fille à la recherche de réponses concernant sa relation si particulière avec sa mère. Le roman est riche en rebondissements, les pages défilent à toute vitesse, la spontanéité, la fraîcheur des dialogues est un vrai régal et les personnages originaux, vrais et attachants ne pourront que vous inviter à aller jusqu'au dernier chapitre, marquant lui aussi.
Puis, Le rire des déesses fut un roman particulièrement intense, dur, qui reste longtemps en mémoire. Le rire des déesses est un ouvrage féministe, dure, percutant et déroutant. On le lit la boule au ventre, le cœur au bout des lèvres. Il nous bouscule, nous fait voir les pensées les plus intimes, les plus viles de certains personnages. Je ne peux que vous conseiller de lire ce roman. Il aborde différents sujets tels que la sororité, la religion, la folie de la foi, la pédophilie, la place de la femme et des hijras dans la société et surtout la difficulté d'aimer son enfant, le développement d'un lien mère-fille qui ne se fait pas naturellement.
Enfin, Nathacha Appanah m'a complètement emporté avec son écriture sensible, poétique dans Rien ne t'appartient. Elle parvient dès les premiers chapitres à nous faire ressentir cette sensation d'être sur le point de tomber dans l'abîme de la folie, d'être submergée, engloutie par les fantômes du passé. Nous ne pouvons qu'être touchés par le destin de Tara que les hommes, les institutions ont condamné dès son enfance. Nous assistons à sa descente aux enfers, à ses ultimes moments de joies, de bonheur qui lui échappent inlassablement jusqu'à la mort de son mari.

Elodie a quant à elle admiré et savouré de nombreuses pépites artistiques. Notamment Wang Shu Architecture Studio, un magnifique voyage à travers des projets résolument humains et poétiques en prise directe avec les mutations de l'architecture et des modes de vie en Chine.
Elle a également eu un énorme coup de cœur pour le très bel ouvrage « Wang Bing – L'œil qui marche ». Edité en parallèle de l'exposition qui lui est consacrée jusqu'en novembre au BAL à Paris, cet ouvrage propose 170 séquences issues de huit de ses films. Telles de sublimes arrêts sur images, chaque page plonge le spectateur dans l'univers sensible du réalisateur, dans sa temporalité, dans certains détails qui en disent beaucoup sur ses personnages. Au fil du livre l'accumulation des images, qui nous montrent une Chine désœuvrée et sensible, touchent irrémédiablement celui qui s'y plonge.
L'ouvrage Watering my horse by a spring at the foot of the long wall fut aussi une découverte incroyable. Le sensible est alors perceptible à chaque page, dissimulé au milieu du quotidien, où la beauté surgit de partout et de nulle part, mêlée parfois à l'absurde et à une forme de brutalité. Ce magnifique ouvrage qui au-delà de la beauté de l'objet, nous fait rencontrer une Chine comme elle est rarement présentée.

Elle a aussi rencontrer des ouvrages indispensables à la compréhension de la civilisation chinoise dont Chine, mythes et dieux.
Jacques Pimpaneau choisit ici de se concentrer sur les mythes encore vivaces dans l'imaginaire collectif, ancrés dans les récits mythologiques les plus anciens, mais transmis dans la littérature populaire, les romans, les pièces de théâtre et ballades.
C'est de ce corpus très varié que l'auteur a extrait les histoires de ces dieux et déesses, qui constituaient une inspiration sans limite pour la littérature et qui en retour assuraient la longévité de ces histoires mythiques. Comme à son habitude, Jacques Pimpaneau permet de rendre intelligible le foisonnement de références rattachées au panthéon chinois, face auquel le lecteur occidental voire même le lecteur chinois, se retrouvent parfois en difficulté tant les origines et les histoires de ces récits sont variables.

Remède à l'accélération : impressions d'un voyage en Chine : et autres textes sur la résonance est aussi l'une des recommandations d'Elodie. Cet essai, dont les thématiques rejoignent précisément les bouleversements que nous rencontrons aujourd'hui est à la portée de tout lecteur du fait de la fluidité de son écriture. Par-delà le constat inquiétant porté sur notre société actuelle, il est aussi une grande respiration grâce à l'énergie que l'auteur distille tout au long de ses textes.

En 2021, Clémence a commencé en Corée avec trois sorties poches de coups de cœur des années précédentes à noter. Kim Jiyoung, née en 1982 de Cho Nam-joo a marqué l'année 2020 et nous ne pouvions oublier sa sortie en format poche ! En effet, à tous les passionnés de Corée, il est nécessaire de le lire. Tout comme Parce que je déteste la Corée, de Chang Kang-myoung, dans lequel l'auteur décrit très bien les problématiques actuelles des jeunes femmes et hommes sud-coréens qui ne rentreraient pas dans les cases imposées par la société. 
Le Jardin, de Pyun Hye-young est lui aussi sorti en poche en début d'année 2021. Bien que d'un genre tout autre, si vous appréciez le cinéma coréen à la Parasite, ne passez pas à côté de ce thriller psychologique. La loi des lignes, de la même autrice, sortait en même temps. Bien que l'histoire n'ait rien à voir avec Le jardin, ce livre est un très bon roman noir, mais aussi une critique sociale, mettant en scène la vie de personnes qui ont tout perdu, jusqu'à leur humanité pour certains.. Il vous plongera dans les coulisses d'un monde caché, méconnu et des plus dangereux.

En parlant de critique sociale, Made in Gangnam de Ju Won-kyu est lui aussi un roman incontournable de cette rétrospective. Un roman dans lequel l'horreur du capitalisme débridé sur une société éclatée et soumise à l'argent et au pouvoir de ceux qui le possède. Tragique, mordant, le roman ne propose qu'une solution pour s'en sortir : devenir soi-même un monstre. Une autre belle critique de la société coréenne était à découvrir dans la lecture du roman de Yun Ko-eun, Les touristes du désastre. Là encore, le capitalisme débridé et ses conséquences sont fortement attaqués, tout comme les désastres écologiques, s'accentuant par le seul fait de l'être humain et de son obsession pour l'argent et le profit. La jeune autrice installe un malaise général, déployé petit à petit. Insidieux, il force les personnages à faire face à leur propre conscience et aux conséquences de leurs actes.

Impossible également de passer à côté de la parution de Ma soeur Mongsil, de Kwon Jeong-saeng, un court roman racontant l'histoire de Mongsil, jeune fille coréenne pendant la guerre de Corée. Un roman sur le courage et l'humanité sans faille d'une jeune fille coréenne pendant la guerre. Sur une thématique similaire, le roman graphique de la grande Kim Keum-Suk L'Attente aura marqué année. Avec ce récit basé sur plusieurs témoignages, c'est l'histoire de milliers de familles qu'elle raconte. de leur souffrance et leur séparation causée par les mauvais combats des gens au pouvoir.
Park Kun-woong, bédéiste coréen a lui aussi fait son retour cette année avec Un matin de ce printemps-là, le récit bouleversant de huit hommes assassinés pour détourner le regard de la population des mauvaises décisions prises par la dictature militaire alors au pouvoir, menée par Park Chung-hui. Huit hommes sacrifiés, dont les familles subirent une stigmatisation honteuse pendant encore de longues années après. Avec cette nouvelle bd, l'auteur met encore en lumière un événement sombre de l'histoire récente de la Corée du Sud. A lire absolument ! Un autre événement historique important était également raconté par Kwong-Shing Lau dans Hongkong, cité déchue. Un événement historique ou plutôt une continuité d'événements qui ont mené et qui mènent encore Hongkong à une chute vertigineuse, la privant petit à petit du moindre espoir de conserver sa démocratie. Il faut se rappeler, bien que l'espoir quitte lentement les rangs comment ont lutté les hongkongais pour leur libre arbitre et comment ils ont été blessés et même tués. Un récit douloureux mais nécessaire.

Heureusement, malgré des sujets souvent très sombre, l'année 2021 aura apporté aussi beaucoup de lumière notamment avec la découverte de la littérature mongole à l'occasion de la rencontre avec trois auteurs et poètes, en distanciel. Dans le numéro de Jentayu sur la Mongolie, c'est la lumière qui ressort des nombreuses descriptions de steppes. Le vocabulaire utilisé reste toujours proches d'une nature intimement liée à l'humain et à la lumière de ses sentiments. Cette clarté, Clémence l'a retrouvée dans les mots de Ken Liu mais aussi de Pitchaya Sudbanthad, deux auteurs qu'elle apprécie particulièrement. Autant dans Toutes les saveurs que dans Bangkok déluge, deux écrits à priori sans rapports, elle a pourtant retrouvé une poésie similaire et une manière de créer des personnages justes, complexes et profondément humains.

Pour terminer en polar, rendez-vous avec Le sniper, son wok et son fusil de Chang Kuo-li et Les 4 enquêtrices de la supérette Gwangseon de Jeon Gunwoo . Ces deux romans sont extrêmement bien ficelés et contiennent de nombreux personnages chacun marqué d'une personnalité propre, d'un caractère haut en couleur et d'un humour plus ou moins noir.

Enfin, Mélodie aussi a eu une année remplie de belles découvertes. Notamment en calligraphie avec la réédition du manuel de Lucien Polastron Calligraphie chinoise : une initiation. Dans cet ouvrage, après avoir remis en contexte la calligraphie chinoise en présentant sont histoire et les différents styles qui se sont développés, expliqué le matériel indispensable à la pratique, les règles de la posture et de la tenue du pinceau, Lucien Polastron propose des exercices afin d'apprendre les différents types de traits dont la maîtrise permet ensuite de passer à l'écriture de caractères dans leur ensemble. Elle a pu mettre en pratique les conseils et méthodes de Monsieur Polastron grâce au coffret de calligraphie chinoise pour débutant reçu cette année. Très complet, il contient tout le nécessaire pour débuter la calligraphie ! De même, Hanzi tuhua shu 汉字图画 a formé un très bon outil pour initier les plus jeunes à la langue et à l'écriture chinoise. En effet, l'album présente 122 caractères chinois de la vie quotidienne, associées à des illustrations colorées et joyeuses qui parleront facilement aux enfants.

Pour rester dans la vo, il ne faut pas oublier les coups de cœur de Mélodie d'ouvrages en chinois. L'adaptation en bd du Petit Prince en chinois est un indispensable de cette sélection. Le choix de couleurs et les représentations des lieux et personnages ont abouti à un univers très poétique qui rend magnifiquement hommage au texte de Antoine de Saint-Exupéry.
Une belle manière de découvrir, faire découvrir ou relire ce grand classique, ou bien de s'entrainer à la lecture en chinois pour les apprenants de niveau intermédiaire et avancé ! Puis, Zhonggu jieri gushi 中国节日故事(avec pinyin) et Recueil de mythes chinois 中国古代神话故事 (en chinois, illustré avec pinyin) furent tous deux de belles découvertes pour Mélodie. Deux lectures conseillées pour les apprenants de niveau intermédiaire et pour tous les curieux souhaitant pratiquer leur lecture sur le thème des fêtes et traditions.

Enfin, c'est en images que nous avons choisi de terminer cette rétrospective. Pour les plus jeunes, A l'autre bout de la Chine de Léa Decan mettaient en comparaison les vies de deux enfants en Chine, Chen et Ni, l'un vivant à Pékin et l'autre dans la campagne au Yunnan. L'histoire est touchante et a permis à l'auteure d'alterner les scènes en ville et à la campagne, pour mieux les comparer, voir les bons et mauvais aspects de l'un et l'autre.
Enfin, Les saveurs du béton, de Kei Lam, belle suite de Banana Girl, offre un regard lucide, touchant et non dénué d'humour sur son parcours, sa famille et l'environnement dans lequel elle a vécu.

Voici une belle rétrospective, n'est-ce pas ? Et vous, qu'elle a été votre bilan de cette année en terme de lecture ?

Laura, Elodie, Clémence & Mélodie