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L'homme qui mit fin à l'histoire

L'homme qui mit fin à l'histoire

Auteur

Ken Liu

Traducteur

DURASTANTI Pierre-Paul


Editeur

BELIAL

8,90 €

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Paru le : 01 Août 2016
Pages : 112
EAN 13 : 9782843449093

Coup de coeur du libraire
L'intégrité des hommes remise en question sous le regard de l'Univers
Un tournant radical de perception. C'est ce qu'il se passe chez le docteur Wei après le visionnage d'un film -fruit du hasard- parlant de l'Unité 731. Lui, spécialiste de l'histoire du Japon, ne savait pas. Il ne connaissait pas l'existence de cette unité spéciale située au Manchoukuo, la Mandchourie tenue par le Japon Impérial à partir de 1936, dont le but était de former des chirurgiens expérimentés en peu de temps tout en expérimentant de nouvelles armes et techniques d'amputation, techniques chirurgicales, de traitements. Qui dit expérimentations, implique des sujets et des cobayes, trouvés chez la population occupée ou chez les prisonniers. Maintenant qu'il sait, Wei ne peut plus oublier. Sa perception a changé.

Lui et sa compagne, une scientifique américano-japonaise appelée Kirino mettent au point une machine permettant d'ouvrir une fenêtre sur le passé. Les deux scientifiques choisissent évidemment de travailler sur la période active de l'unité 731. Le seul problème rencontré -mais de taille- est l'impossibilité de stocker et traiter les informations obtenues. Seul le cerveau humain est capable de cet exploit rendant éphémère les visionnages du passé. Autrement dit, chaque plongée dans l'unité 731 sera unique. Wei décide alors de donner la possibilité aux descendants des victimes de cette unité d'avoir accès à la machine, pour combler l'incompréhension et l'ignorance autour des destins tragiques des membres de leurs familles. Quel autre choix s'offre à lui ? Attendre et espérer le développement d'une technique nouvelle mais voir mourir les derniers descendants directs de cette horreur humaine ? Ou bien les laisser visiter le passé en acceptant de détruire toute preuve et donc étude future possible ? Voià les premières questions qui se posent mais qui seront loin d'être seules.

A travers cette longue nouvelle, écrite sous la forme d'un documentaire, le talent de narrateur de Ken Liu se dévoile. Sa compréhension de la complexité de la machine et de l'âme humaine et la manière de les rendre à l'écrit est ici encore si pleine d'humilité, de justesse, de tristesse mais aussi d'amour. Au fil des pages, des spécialistes (fictifs bien évidemment), des descendants des victimes, des japonais, chinois et américains lambdas, des amis et bien sûr la compagne de Wei s'expriment chacun leur tour, offrant leurs opinions toutes très diverses, toutes plus ou moins valides selon la position de chacun. Qui peut se faire juge de l'Histoire ? Où se place l'Humain dans tout ça ? L'Histoire peut-elle être traitée sans trace de jugement quand des centaines de milliers de personnes ont été tuées, puis oubliées ? Le choix d'écrire sous la forme documentaire, une forme neutre, nous laisse seul devant les faits racontés et surtout devant toutes ces questions. Nous nous trouvons aussi témoins de la détresse de Wei, dont le but premier était avant tout de donner une voix à ceux qui n'en ont pas eu. Car "impossible de détourner le regard, de se boucher les oreilles. [...] Il nous faut parler pour ceux qui ne le peuvent pas. Nous n'avons qu'une occasion de bien faire."

Ces mots bruts et sans appels résonnent clairement dans mon esprit encore aujourd'hui. J'ai lu ce texte plusieurs fois. A chaque fois j'en suis ressortis émue, partagée mais ébranlée par cette vérité finalement très simple. Nous n'avons qu'une occasion de bien faire. Au présent aussi. Dans notre monde aussi. Particulièrement en ce moment, où le monde entier semble fonctionner en termes d'argent et de croissance. En oubliant de plus en plus vite l'humain caché derrière : l'humain à protéger, l'humain plein de l'énergie de vivre peu à peu remplacé par l'Argent et la Consommation. L'humain qui se délite au profit de concepts qui, à l'échelle de l'histoire de l'Univers, ne sont que poussière. À la fin, quelle sera le témoignage de notre existence ? A quel moment décide-t-on de changer nos perceptions ?

- Clémence
Résumé
Imaginez un procédé scientifique révolutionnaire permettant de retourner dans le passé. Une seule et unique fois par période visitée. Par une seule et unique personne. Sans aucune possibilité pour l'observateur d'interférer avec l'objet de son observation. Un procédé qui ouvre les portes de la connaissance, de la vérité, sur les périodes les plus obscures de l'histoire humaine. Plus de mensonges. Plus de secrets d'Etat.

Avez-vous déjà entendu parler de l'Unité 731 ? Créée en 1932 sous mandat impérial japonais, dirigée par le lieutenant-général Shirö Shii, cette unité militaire de recherche bactériologique se livra à l'expérimentation humaine à grande échelle dans la province chinoise du Mandchoukouo, entre 1936 et 1945, provoquant la mort de près d'un demi million de personnes… Cette invention révolutionnaire va enfin permettre de savoir la vérité sur ces terribles événements, à peine reconnus en 2002 par le gouvernement japonais, et couverts pendant des années par le gouvernement américain.
Quitte à mettre fin à l'Histoire…

A propos de l'auteur
Souvent comparé à Ted Chiang (mais en plus productif), Ken Liu s'affirme comme la nouvelle petite merveille de la science-fiction américaine. Il était temps, est-on tenté d'affirmer, parce que des auteurs de ce calibre, qui n'hésitent pas à se confronter au réel pour accoucher d'une littérature qui dit le monde tel qu'il est et tel qu'il pourrait être, l'essence même de la SF, ce qui la rend nécessaire, dans la droite ligne d'un Greg Egan, en somme, il faut avouer que la SF d'aujourd'hui n'en accouche plus guère… Pour le reste, on précisera que notre jeune auteur, déjà auréolé de deux prix Hugo, est né en Chine, à Lanzhou, en 1976, et qu'il vit près de Boston (Massachusetts).
Lorsqu'il n'écrit pas de fiction, il lui arrive de traduire en anglais de la SF chinoise (ainsi, The Three Body Problem, de Liu Cixin, prix Hugo 2015). Voire d'exercer ses talents d'informaticien, ou même de juriste… A moins qu'il ne fasse tout cela en même temps.

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