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Les Hommes salmonelle sur la planète porno

Les Hommes salmonelle sur la planète porno

Auteur

TSUTSUI Yasutaka

Traducteur

SLOCOMBE Miyako


Editeur

Wombat

16,00 €

Indisponible pour le moment Quand ce titre sera-t-il disponible ?

Paru le : 01 Février 2017
Pages : 96
EAN 13 : 9782374980607

Résumé
Si la planète Nakamura est surnommée « planète Porno » par l'équipe d'explorateurs et de scientifiques japonais qui y ont installé leur base d'études, c'est que la végétation comme la faune ont la fâcheuse habitude de forniquer à tout va, se croisant avec n'importe quels genre ou espèce et produisant ainsi un écosystème des plus étranges, à la fois énigmatique et dégoûtant ! Aussi nos savants sont-ils fort perplexes lorsqu'une de leurs collègues tombe enceinte, inséminée par une spore pas très catholique…
Afin de découvrir comment la soigner, trois hommes sont alors envoyés en mission pour contacter la tribu d'humanoïdes autochtones et impudiques qui semble détenir le secret de la coexistence dans ce milieu. Mais leur voyage à travers la planète Porno, parmi les crocopile-à-l'heure, les tatami-popotames et autres méduses-cul-en-l'air, leur réserve bien des surprises, parfois plaisantes, parfois moins…
Moquant les distinctions biologiques, Yasutaka Tsutsui prouve dans cette parodie de SF érotico-comique que tous les goûts sont dans la nature !

Extrait
«Le Dr Shimazaki, notre spécialiste en botanique et l'unique femme de ce groupe de recherches, est tombée enceinte. Rassemblez-vous immédiatement pour une réunion d'urgence» - tel fut le message de notre chef de groupe que vint m'apporter Yohachi, le chargé des travaux de manoeuvre.
- Mlle Shimazaki est tombée enceinte, et alors ? Pourquoi tenir une réunion pour ça ? demandai-je à Yohachi en levant la tête de mon microscope.
- Qu'est-ce que j'en sais, moi ?
Planté sur le seuil du bureau, il prit un petit air gêné avant d'éclater d'un rire vulgaire, ouvrant grand sa bouche édentée. Nous devions avoir le même âge, mais il paraissait facilement dix ans de plus.
- Dis-lui que j'arrive tout de suite.
Alors que je baissais de nouveau les yeux vers l'oculaire du microscope, Yohachi beugla, avec sa grosse voix dénuée de délicatesse :
- Le chef a dit que si tu ne venais pas illico, je devais te traîner de force.
- Eh bien, ça a l'air vraiment urgent. Résigné, je me levai.
Le bureau d'étude de l'écosystème, qui me tenait également lieu de logis, était une installation provisoire de trente mètres carrés attenante à la station de recherches. Cette dernière était située au pied du mont Geint-le-soir, où s'éparpillaient une petite dizaine de constructions identiques. Au milieu de celles-ci se trouvait le QG, édifice d'un seul étage d'une soixantaine de mètres carrés qui n'abritait que le logement du chef et une salle de réunion. Le mont Geint-le-soir, baptisé de la sorte par la première équipe d'explorateurs japonais ayant débarqué sur cette planète, était une montagne peu élevée composée d'andésite. Nos prédécesseurs l'auraient appelée ainsi parce qu'à la nuit tombée, quand le vent se met à souffler fort, le creux au flanc de la montagne produit un son qui fait penser aux lamentations d'une femme.
Je fermai mon bureau à clé et emboîtai le pas à Yohachi. Non que je craigne les voleurs, mais les environs grouillaient de bêtes et de végétaux bizarres ; il valait mieux rester prudent.
- Et qui est le père ? demandai-je pendant que nous marchions.
Yohachi, qui n'était déjà pas très grand, courba le dos tandis qu'il continuait d'avancer, puis il leva la tête pour me regarder de biais, avec un nouveau sourire narquois.
- J'en sais rien ! Ça s'rait pas vous, professeur Sona ?
- Ce n'est pas moi, lui répondis-je tout à fait sérieusement, avant de réfléchir un peu. Non, je m'en souviendrais, quand même...
Le petit soleil de couleur orange commençait à décliner au-delà du mont Geint-le-soir. En cette saison, le jour et la nuit sur cette planète - la planète Nakamura dans le système stellaire Kabuki - alternaient toutes les deux heures. Des noms à dormir debout mais on n'y pouvait rien, ces zones ayant été découvertes par Peter Nakamura, un amateur de théâtre kabuki issu de la diaspora japonaise. Mais sur notre Terre natale, cette planète était généralement connue sous le nom de planète Porno. On l'appelait ainsi car ses habitants, qui vivaient en Nunudie, une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de notre base, ressemblaient comme deux gouttes d'eau aux Terriens et vivaient nus comme des vers tout au long de l'année.
(...)

Traduit du japonais par Miyako Slocombe
Couverture de Icinori
« Iwazaru » nº8