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S'ouvrent les portes de la ville

S'ouvrent les portes de la ville

Auteur

BEI Dao - 北島

Traducteur

CHEN-ANDRO Chantal


Editeur

Ypsilon.éditeur

20,00 €

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Paru le : 01 Juin 2020
Pages : 304
EAN 13 : 9782356540973

Coup de coeur du libraire
Nostalgie de Pékin
Bei Dao nous livre ici un très beau récit autobiographique, très sensible, dans lequel perce sa nostalgie de Pékin, ville chère à son coeur mais ayant beaucoup changé depuis son départ. Nous suivons l'auteur, enfant puis adolescent, à travers les dédales et les ruelles de la capitale chinoise, à une époque troublée.

Bei Dao se dévoile dans ce texte, partageant avec nous un bout de son histoire, celle de son enfance. Nous y découvrons un jeune garçon intrépide et espiègle, curieux de tout et avide de connaissances. J'ai beaucoup aimé le trait d'humour de l'auteur, permettant d'alléger parfois le récit, au vu de la situation de l'époque. Outre les jeux enfantins auxquels l'auteur aimait prendre part, Bei Dao nous raconte des anecdotes, des endroits à Pékin qu'il aimait particulièrement, mais aussi les bouleversements liés à la grande Histoire. En effet, Bei Dao aura vécu bien des drames : le grand bond en avant avec la terrible famine, puis la Révolution culturelle. Nous partageons pendant quelques pages le quotidien d'une famille chinoise de l'époque, la faim qui vous donne des hallucinations, les séances de lutte, les autocritiques et les dénonciations.

Je suis donc conquise par le contenu mais également par la forme : nous retrouvons bien ici la plume du poète. En effet, le récit est très vivant, empli de saveurs, d'odeurs et de couleurs. Nous visualisons très bien le décor de son enfance tant les descriptions sont réussies ! A la lecture, vous aurez l'impression vous aussi de vous faufiler dans Pékin.

J'ai apprécié que la traductrice garde toutes les onomatopées chinoises et ne les supprime pas en français, ce qui permet de donner un côté encore plus vivant au texte. Je souhaite également la féliciter pour son annexe dans laquelle elle nous dévoile l'histoire des portes de la ville qui est très intéressante. Voici donc un livre que je vous recommande de tout coeur, un livre dans lequel Bei Dao dévoile ses souvenirs et la complexité de ses sentiments envers son père. J'ai été particulièrement touchée par les dernières lignes du récit qui m'ont beaucoup émue.

Je n'ai pas connu le Pékin de Bei Dao, mais son livre m'a rendu très nostalgique de cette ville dans laquelle j'ai vécu un peu plus de cinquante ans après lui.

Florine
Résumé
Premier ouvrage de littérature chinoise chez Ypsilon, nous sommes très heureux de commencer à explorer ces lettres par la publication d'un récit autobiographique d'un très important poète contemporain. D'autant plus que, pour qui connait Bei Dao, il est étonnant de voir cet auteur s'adonner à cet exercice de mémoire, mais justement il le fait à sa manière très singulière. S'ouvrent les portent de la ville est le livre d'un poète exilé qui se fait ethnographe.
Nous découvrons son Pékin, le temps passé et le présent d'un horizon lointain. Et Pékin tout court si on vient de loin... et soudain tout ce qu'on sait ou qu'on imagine savoir sur cette ville et son histoire récente (deuxième moitié du XXe siècle) commence à bouger et on commence à chercher des contours, des repères... En 2001, alors qu'il a passé la cinquantaine, Bei Dao retourne pour la première fois dans sa ville natale, après un exil forcé de onze ans, suite aux événements de la place Tian'an men ainsi qu'à des prises de position, faites à l'étranger, sur cette période de l'histoire chinoise.
Il ne reconnaît plus la ville où il est né, a grandi et a vécu quarante années de sa vie. C'est un choc pour lui. Dans ce livre, il invite le lecteur à remonter le fil du temps et des événements qui ont marqué sa vie, celle du Pékinois qu'il était et qu'il est resté, mais aussi, plus largement celle d'un peuple tout entier : les débuts du pouvoir communiste (il est né en 1949, année qui a vu la fondation de la République populaire), le grand Bond en avant, la Grande famine, la campagne anti-droitistes, la Révolution culturelle et la guerre civile qui l'a marquée.
Ce livre, recherche de l'enfance et de l'adolescence perdues, se veut aussi une ethnographie de cette ville qui l'a hanté pendant son exil : ses lumières, ses odeurs, ses bruits, les petits métiers, les habitants, tout cela qui constitue la petite histoire inscrite au coeur de la grande. Dans ces mémoires le poète se livre plus qu'il ne l'a jamais fait, lui dont la poésie est comme une noix dont il faut casser la coquille.
Le ton est juste, l'observation aiguë, la critique souvent acérée, humour et poésie le disputent à l'émotion.

A propos de l'auteur

Bei Dao (né en août 1949, de son vrai nom Zhao Zhenkai) s'est fait connaître en Chine dans la seconde moitié des années soixante-dix grâce à la revue Aujourd'hui, publication non officielle, qui circulait sous le manteau et publiait les oeuvres de jeunes poètes et écrivains inconnus de tous. Principal inspirateur du courant de la poésie dite "obscure" (menglong shi), il a écrit aussi des nouvelles et un roman.
Il a été considéré, dans les années quatre-vingt, comme le porte-parole d'une génération qui a été sacrifiée : celles des Gardes rouges, lycéens ou étudiants envoyés par Mao dans les campagnes pour apprendre auprès des paysans et appelés dès lors les "jeunes instruits". A la fin de cette décade, Bei Dao se consacre exclusivement à la poésie tout en militant en Chine même pour les Droits de l'Homme.
En mars 1989, il est à l'initiative d'une pétition demandant la libération des prisonniers politiques, laquelle sera signée par trente-trois intellectuels chinois. Lors des événements de Tian'an men, il se trouve en voyage à Berlin, inscrit sur une liste noire, il ne peut plus rentrer en Chine. Commencent alors de longues années d'exil, en Europe d'abord, où il fait reparaître la revue Aujourd'hui, puis aux Etats-Unis.
A partir des années 90, parallèlement à l'écriture en vers, Bei Dao commence à publier des proses, un roman, des nouvelles. Ses oeuvres sont traduites en plusieurs langues, en français : deux recueils de ses poèmes – Au bord du ciel (Circé, 1994), Paysage au-dessus de Zéro (Circé, 2004) – son roman Vagues (Philippe Picquier, 1993), ses nouvelles 13, rue du Bonheur (Circé, 1999).vInterdit de publication sur le continent depuis trente ans, ses mémoires : S'ouvrent les portes de la ville ont été publiées en 2010 à Hong Kong, ville où il réside actuellement, par Oxford University Press.