Vos achats

Votre panier est vide !

Vous n'étes pas identifié

Connexion
  

Newsletter

Envoyer

Sélection thématique : Oeuvres littéraires asiatiques primées

En France, nous avons le prix Renaudot, le prix Goncourt et autres qui récompensent les oeuvres littéraires les plus prometteuses. Mais qu'en est-il en Asie ? Quelles sont les prix de référence dans chaque pays nous indiquant une valeur sûre ?

En Chine, deux des plus prestigieux prix littéraires sont le prix Mao Dun attribué tous les quatre ans depuis 1982 et le prix Lu Xun qui lui est décerné tous les trois ans depuis 1995. Ils tiennent tous les deux leur nom de grands auteurs chinois ayant oeuvré pour la littérature de leur pays. Le premier prix récompense les auteurs de romans tandis que le second a diverses catégories : des romans, des nouvelles, mais aussi des reportages, des recueils de poésie, des essais et des traductions.

Certains auteurs très talentueux ont d'ailleurs reçu les deux prix, c'est notamment le cas de Chi Zijian que nous aimons beaucoup à la librairie : elle a reçu trois fois le prix Lu Xun et une fois le prix Mao Dun (2008) pour Le dernier quartier de lune. Bi Feiyu de son côté a reçu deux fois le prix Lu Xun, une fois le prix Mao Dun (2011) pour Les aveugles, et même un prix étranger : celui du Man Asia pour Trois soeurs. Wang Anyi et Alai ont quant à eux reçu une fois chacun ces deux grandes récompenses : la première pour son roman Le chant des regrets éternels et le deuxième pour sa grande fresque Les pavots rouges.

Mo Yan, prix Nobel de littérature 2012, a également été récompensé dans son pays avec son livre Grenouille qui a reçu le prix Mao Dun en 2011. D'autres auteurs ont reçu un des deux prix, c'est le cas de Liu Zhenyun avec En un mot comme en mille (Mao Dun 2011), Su Tong et son roman Le dit du loriot (Mao Dun 2015) et Chen Zhongshi avec son classique Au pays du cerf blanc (Mao Dun 1997) ou de Yan Lianke et sa nouvelle poétique Les jours, les mois, les années (Lu Xun 2000).

Nous avons beaucoup de chance car de nombreux romans primés ont été traduits en français, mais il y en a tout de même quelques-uns qui n'ont pas encore de traductions et qui méritent d'être cités pour ceux sachant lire en chinois. 沉重的翅膀 de Zhang Jie, l'incroyable fresque de longue haleine de Lu Yao 平凡的世界, ou la très belle saga familiale 穆斯林的葬禮 de Huo Da. Il y a également dans un style différent l'excellent 暗算 de Mai Jia, la triolgie de Gei Fei, 繁花 de Jin Yucheng, et tout récemment (2019) 北上 de Xu Zechen.

- Florine

Et qu'en est-il du Japon ?

Prix Akutagawa
Le prix Akutagawa a été créé en l'honneur du grand écrivain Ryônosuke Akutagawa. Ce prix a récompensé de nombreux auteurs dont la plupart sont encore inconnus du public français. Mais certaines maisons d'éditions ont traduit quelques œuvres primées par ce prix.

Gibier d'élévage (1958)
Dans cette nouvelle, Kenzaburo Ôé dénonce la folie et la bêtise humaine. Un avion américain s'écrase dans un petit village pendant la seconde guerre mondiale, à son bord, un soldat noir. Le village va alors le considérer comme une bête curieuse. Le narrateur est un jeune garçon, il décrit cette situation avec ses yeux naïfs. On retrouve la même veine que dans Arrachez les bourgeons, tirez sur les enfants. Kenzaburo Ôé a aussi reçu le Prix Nobel de Littérature en 1994.

Seins et oeufs (2007)
Mieko Kawakami narre l'histoire d'une mère et de sa fille qui viennent passer quelques jours chez la sœur/tante. Le récit oscille entre le journal intime et une narration classique. Diverses thématiques sont abordées : la place de la femme dans la société japonaise, la perte d'un mari, l'adolescence, les changements corporels et les problèmes de communication. C'est un roman sensible et intime que nous livre cette jeune auteure. Si vous avez aimé ce roman, vous aimerez aussi J'adore qui évoque aussi la sphère familiale et toutes les tensions et problématiques que l'on peut y retrouver.

Mariage contre nature (2015)
Yukiko Motoya traite du mariage dans ce roman. Ne fait-on qu'un, une fois marié ? Où notre individualité se place-t-elle ? Quand sur son reflet dans le miroir se projette les traits de son mari, notre narratrice s'interroge. La plume de l'auteure est incisive. Elle offre une histoire touchante et terrifiante.

Prix Yomiuri
C'est un prix créé en 1949 par le journal Yomiuri Shinbun. Il a récompensé de nombreux grands noms de la littérature japonaise. Ce prix voulait donner un nouvel élan à la littérature.

Le pavillon d'or (1956)
Dans ce roman, Mishima redonne vie à un événement qui a marqué l'année 1950. Un moine bouddhiste était le responsable de l'incendie du Pavillon d'or de Kyoto. Le narrateur de cette histoire est l'incendiaire. Il est laid et souffre d'un bégaiement. Mishima évoque des thèmes qui ont marqué son œuvre littéraire : la beauté, la folie. Quand la beauté rend fou...

La formule préférée du professeur (2004)
Yôko Ogawa a reçu de nombreux prix et publie quasiment chaque année une nouvelle œuvre. Mais c'est avec La formule préférée du professeur qu'elle acquiert une certaine popularité auprès du public français. Dans ce roman nous assistons à la rencontre entre un vieux professeur de mathématiques et une aide-ménagère accompagnée de son fils. Toutes les 80 minutes, l'homme devient une page blanche, il ne se souvient plus de ce qu'il a fait, ni de qui il est. Mais il se rappelle des maths, ce langage si poétique à travers la plume de Yoko Ogowa. C'est un récit tendre et poétique.

Et l'Inde ?

Vodafone Crossword Book Award
C'est un prix créé en 1998, il a pour volonté de rivaliser avec des prix tels que le Pulitzer ou le Booker.

Amitav Gosh a reçu ce prix en 2016 pour le tome qui scelle sa trilogie de l'Ibis, Un déluge de feu. Cette trilogie se situe entre l'Inde et la Chine, l'opium est au centre du récit. C'est une véritable épopée que nous livre Amitav Gosh, nous côtoyons des coolies, des prisonniers, des gens de diverses origines et de divers milieux. L'auteur a acquis une grande popularité suite à cette saga dans le monde entier.

Prix Jnanpith
Ce prix est décerné aux écrivains indiens qui écrivent dans les langues indiennes citées dans la Huitième annexe à la Constitution de l'Inde. Vous aurez donc des ouvrages en hindi, kannada, bengali, ourdou, punjabi et bien d'autres langues.

Mahasweta Devi a reçu ce prix, elle est une auteure de langue bengali. On lui doit plusieurs titres publiés chez Actes Sud dont plusieurs titres féministes et militants. Vous pourrez la découvrir à travers son recueil de nouvelles Indiennes, véritable ode aux femmes, elle y dépeint le portrait de la société indienne de cette époque à travers six nouvelles. La mère du 1084 est un récit dur et désenchanté qui narre la quête du mère en recherche de vérité.

Et du côté de la jeunesse ?

Prix Hans Christian Andersen
Il est considéré comme le petit Prix Nobel de littérature. Il récompense les œuvres destinées à la jeunesse. Tous les deux ans, un illustrateur et un romancier sont primés.

En 2018, c'est Eiko Kadono qui reçoit le prix d'écriture. Elle est notamment mondialement connue pour être l'auteure de la série Kiki, la petite sorcière. Cette série a été adaptée en film d'animation par les studios Ghibli. Cette série de romans jeunesse raconte l'histoire d'une jeune sorcière qui se lance dans la vie active. A 13 ans, chaque sorcière doit partir s'installer dans une ville. En arrivant, elle se rend compte que les sorcières ne sont pas très appréciées par les habitants. Elle devra s'armer de courage et être bien entourée pour lancer son entreprise de livraison... en balai !!

Prix commémoratif Astrid-Lindgren
C'est un prix créé en 2002, il récompense des auteurs et illustrateurs d'œuvres jeunesse. C'est l'un des prix jeunesse les plus importants sur la scène internationale.

Cette année, le prix a été décerné à Baek Heena, auteure coréenne de plusieurs albums jeunesse dont Chat Chelou publié aux éditions Philippe Picquier. Cet album est un vrai coup de cœur tant par sa sensibilité que par le message universel qu'il transmet. Un chat très ronchon gobe un œuf de poule, il se sent patraque pendant quelque temps... pas étonnant, voilà qu'il donne naissance à un poussin. Le chat va vite être amadoué par ce petit être de duvet. L'amour n'a pas de limite, une famille se créée. Un très bel album.

- Laura

Concernant la Corée à présent...

Pour commencer, il est nécessaire de parler de deux des plus grands prix littéraires en Corée du Sud, le prix Yisang (이상문학상) et le prix Daesan (대산문학상). Ces deux prix se sont vu décernés à de grands noms de la littérature coréenne et continuent à former la nouvelle génération.

Commençons par le prix Yisang, nommé en l'honneur du poète et auteur des années 20-30 (son recueil Les Ailes est d'ailleurs à se procurer immédiatement !), il a été crée à la fin des années 70. On peut citer Yi Mun-yol pour Notre héros défiguré, une longue nouvelle, allégorie politique du passage de la Corée de la dictature vers la démocratie. Un récit brillant que je ne peux que vous conseiller ! Eun Hee-Kyung, autrice phare du paysage littéraire coréen a également reçu ce prix en 1998 pour Les boîtes de ma femme, qui explore les difficultés à communiquer leurs sentiments qu'éprouvent ses protagonistes. On pourrait également citer de nombreux autres auteurs tels que Park Min-gyu, Kim Young-ha, Kim Ae-ran, Pyun Hye-young ou encore Gong Ji-young. Malheureusement, les ouvrages primés n'ont pas tous été traduits.

Le prix Daesan maintenant, un peu plus récent que le prix Yisang est tout aussi reconnu et gage de qualité. Il récompense des romans, de la poésie mais aussi des traductions. Lee Seung-u a été un des premiers à le recevoir, en 1993 avec son roman L'Envers de la vie, roman d'apprentissage, idéal pour se plonger dans la plume poétique et philosophie de ce grand nom de la littérature. Ce roman a reçu ce prix une nouvelle reprise en 2000, cette fois pour récompenser la traduction de Ko Kwang-dan et Jean-Noël Juttet.
Le couple de traducteur Ch'oe Yun et Patrick Maurus l'ont également reçu pour leur traduction de La Place, de Ch'oe In-hoon. Toujours dans les traductions, Jeong Eun-jin a reçu le prix en 2006 pour sa sublime traduction du roman Le vieux jardin de Hwang Sok-yong.

Au pays du matin calme, de nombreux prix littéraires sont également organisés et gérés par des journaux. Bien souvent, les auteurs dont les œuvres sont publiées sont découverts grâce à l'un de ces prix. Il est difficile de tous les citer mais en voici quelques-uns.

Le prix Dong-in (동인문학상), crée en 1955 et nommé en l'honneur de l'écrivain Kim Dong-In, auteur phare de la littérature coréenne moderne, récompense les auteurs publiés dans divers revues littéraires. Nous pouvons encore une fois citer Lee Seung-u qui se l'est vu décerné pour son roman Le Chant de la Terre. Yi Mun-yol l'a également reçu pour L'Oiseau aux ailes d'or, tout comme Cho Se-hui avec Le nain. Citer tous les grands noms de la littérature coréenne qui ont reçu ce prix serait un peu trop long, mais cela vous donne une idée.

Le prix littéraire du Hangyeolleh (한겨레문학상), autre journal coréen, a été décerné en 2011 à Chang Kang-myeong pour son roman Génération B, un roman qui dénonce la pression et la perte de sens chez les jeunes, causées par la société capitaliste en Corée. Un coup de cœur que je vous invite grandement à découvrir ! C'est d'ailleurs la réception de ce prix qui a lancé Chang Kang-myeong dans le monde littéraire.

Pour finir, il est indispensable de parle du prix Munhak dongne (문학동네) qui a découvert et lancé de très nombreux auteurs et autrices. Cho Nam-joo a par exemple débuté sa carrière littéraire en remportant ce prix en 2011. Ce prix ayant été lancé par la maison d'édition éponyme, il permet la publication rapide de jeunes auteurs. Chaque année, les éditions publient d'ailleurs un recueil des nouvelles gagnantes du prix. En 2019, le dixième volume a été publié et se trouve disponible (en coréen) à la librairie, en cliquant ici.

Qu'en est-il des prix décernés dans le genre de l'Imaginaire ?

Le prix Hugo, crée en 1953 et plus prestigieux prix concernant les genres de la science-fiction, de la fantasy et du fantastique, est absolument incontournable.
En 2015, ce n'est autre que Le Problème a trois corps, de Liu Cixin qui s'est vu récompensé par ce grand prix. C'est la première fois qu'un roman chinois obtient ce titre, jusqu'alors réservé aux romans principalement anglais et américains.
En 2016, c'est Hao Jingfang qui remporte le prix Hugo de la Meilleure Nouvelle Longue pour son texte Pékin origami, que vous pouvez retrouver dans son recueil L'insondable profondeur de la solitude.
Enfin, dans la catégorie du Prix Hugo de la Meilleur Nouvelle, le champion de la littérature de science-fiction chinoise aux Etats-Unis, j'ai nommé Ken Liu, remporte la première place en 2012 avec La ménagerie de papier et en 2013 avec Mono no aware, que vous pouvez retrouver dans le recueil éponyme La Ménagerie de papier. Ce jeune auteur d'origine chinoise est le traducteur de la majorité des textes chinois de science-fiction vers l'anglais et il réussit à merveille la mission de développer la place cette littérature en Amérique du Nord. Il est également un grand écrivain, sensible et novateur.
Ces trois auteurs sont des énormes coups de cœur de vos libraires et les prix reçus sont amplement mérités.

- Clémence